Les gérants majoritaires de SARL ou d’EURL ayant opté pour l’Impôt Société sont assimilés à des Travailleurs non salariés (TNS) en
matière de cotisations sociales.
Ces dernières sont calculées en fonction de leur rémunération de gérant, sur la base de 90% de cette dernière.
Si ces dernières sont le plus souvent prises en charge par les sociétés dans lesquelles ils exercent leur mandat, ces cotisations sont attachées à leur personne et
en cas de difficulté de l’entreprise qu’ils gèrent, ils sont personnellement redevables des cotisations impayées.
En outre, même en l’absence de rémunération, une cotisation « minimale » est perçue par les caisses d’assurances maladie et de retraite.
La cotisation maladie est calculée sur la base d’un « revenu virtuel » représentant 40% du plafond de la sécurité sociale.
En matière d’assurance maladie, cette cotisation minimale forfaitaire ne s'applique pas :
· aux assurés bénéficiaires du RMI
· aux personnes ayant plusieurs activités avec le droit
aux prestations maladie ouvert dans un autre régime de sécurité sociale (exemples : régime général des salariés - régime agricole), sous réserve qu’elle représente plus de 1.200 heures dans
l’année.
· aux retraités exerçant une activité indépendante
(Pour ces personnes, la cotisation sera calculée sur les revenus réels de l'année de référence, la cotisation peut donc être plus faible que la
cotisation minimale forfaitaire).
Pour la retraite obligatoire l’assiette de cotisation est égale à 200 X le SMIG horaire.
(Le Gouvernement réfléchit à un dispositif qui permettrait de porter la cotisation minimale à 800 fois le smic horaire)
Ainsi, certains TNS ne peuvent valider complètement certains trimestres, en raison de périodes où leur activité a rencontré des difficultés. La cotisation
forfaitaire mise en place ne permet de remédier qu’imparfaitement à cette situation, car elle réduit certaines années travaillées en trimestres.
Ce mécanisme n’est pas compris par les travailleurs indépendants qui déplorent, lorsqu’ils se retrouvent en déficit ou ont dégagé un revenu inférieur à 1 688
euros, de devoir payer une cotisation minimale, qui ne permet de valider qu’un seul trimestre, alors qu’ils ont travaillé une année complète. Selon les données fournies par le régime social des
indépendants portant sur les revenus 2005, 25 % des artisans et des commerçants n’ont pas pu valider 4 trimestres et 13 % n’en ont validé qu’un seul.
Ces cotisations, destinée à maintenir leur droit en matière de maladie, et dans une moindre mesure en matière de retraite, sont donc obligatoire (à l’exclusion
pour la maladie des cas susmentionnés), quelque soit leur situation c'est-à-dire y compris lorsque le gérant majoritaire ne bénéficie d’aucune rémunération.
A contrario, dans le cas d’un gérant minoritaire ou égalitaire, qui relève du régime salarié, aucune cotisation minimale n’est exigible.
Il est pour le moins surprenant que ces deux situations subsistent, la situation du gérant minoritaire ou égalitaire n’étant pas à priori différente, en matière de
besoin de protection sociale, de celle des gérants majoritaires.
Le problème des cotisations minimales se pose avec plus d’acuité dans le cas de la cessation d’activité de la société.
Il a été procédé, ces dernières années, à de nombreuses modifications destiner à faciliter la création d’entreprise sous forme de SARL/EURL, donnant l’illusion de
la simplicité et que peu de moyen était nécessaire, avec la suppression d’un capital miminum.
Il en résulte que certaines de ces sociétés cessent leur activité au bout de quelques années ou quelques mois, sans que cette cessation résulte d’une liquidation
judiciaire, faute d’activité ou de rentabilité,
La dissolution d’une société est une formalité couteuse et complexe :
1° Décision de liquidation et nomination d’un liquidateur :
a. Assemblée Générale Extraordinaire, avec enregistrement du PV d’AGE
b. Annonce légale
c. Formalité auprès du Greffe
Pour un budget, hors les honoraires de l’intervenant proche de 1.000 euros
2° Clôture de la liquidation.
Il résulte de ce formalisme que de nombreuses EURL/SARL restent « ouvertes » sans activité, leur gérant reculant devant les démarches nécessaires et leur
coût.
Hors, cette situation entraîne le maintien de l’exigibilité des cotisations sociales obligatoires, à la charge personnelles des gérants.
Force est de constater que les caisses « sociales » chargées du recouvrement de ces cotisations ne font preuve d’aucune humanité, missionnant des huissiers de
justice qui accomplissent leur mission avec une grande rigueur (et bien peu de compassion) n’hésitant pas à employer des procédures couteuses pour le débiteur et majorant considérablement sa
dette.
Pourtant, il me semble possible de modifier cette situation. Ainsi pourrait être organisé :
1. Une procédure de liquidation/dissolution simplifiée pour les « petites » SARL/EURL (seuil à déterminer en fonction du CAPITAL/CHIFFRE
D’AFFAIRE/NB DE SALARIES …) qui permettrait sur la base d’une simple déclaration auprès du GREFFE d’enregistrer la liquidation de la société (quitte à transférer sur la personne du gérant, les
éventuelles contestations de la part de créanciers « oubliés »).
2. L’intégration des dettes relatives aux cotisations sociales du Gérant majoritaire dans le passif d’une SARL/EURL en redressement judiciaire et
renonciation à poursuite individuelle (sauf extension au gérant du passif de la société).
3. La possibilité, pour un gérant majoritaire non rémunéré, de renoncer au statut TNS.